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Réflexions sur Muharram n°5

septembre 6, 2019

En ces nuits, où les jeunes de Al- Hussain ont avancé pour le sacrifice ultime, je me pose beaucoup de questions sur l’état d’esprit de nos jeunes d’aujourd’hui.

Certes, comme nos parents avant nous, nous avons nourri nos enfants avec le nom des membres de la famille du Prophète et déjà, avant même de savoir parler, ils savaient porter la main sur leur poitrine en souvenir du deuil de la tragédie de Karbala.

Malheureusement, le constat est que plus ils grandissent, plus il devient difficile de les convaincre de l’importance de nos rituels religieux.

Jusqu’à ma génération, il y a des personnes qui ne viennent jamais sur le lieu de culte toute l’année mais le jour de Ashura, au summum du deuil ils seront présents. Qu’ils soient pratiquant ou pas.

C’est comme si un fil invisible reliait le nom de Al-Hussain et leur coeur. Un amour qui dépasse l’entendement. Il leur est impossible voire impensable d’être absent ce jour là.

Ceux qui sont en voyage trouveront le moyen de rentrer chez eux pour pouvoir se receuillir, et ceux qui ne peuvent pas trouveront un lieu de culte là où ils seront.

La tragédie est la même, les personnalités aussi alors qu’est-ce qui change ?

Tout d’abord, j’ai l’impression que les jeunes sont plus pragmatiques et moins émotionnels. Ils ont besoin de comprendre le pourquoi du comment pour adhérer a une idéologie et tout ce qui semblera décalé par rapport à leur logique aura du mal à trouver grâce à leur yeux.

Seulement ce qui fait de Karbala ce qu’il est, est un mélange d’ingrédients intellectuels, émotionnels, et spirituels. Il semble impossible de comprendre toute la portée du sacrifice de Al Hussain (as) et de sa famille sans avoir une vue d’ensemble. Malheureusement, nous même ne connaissons pas cette vue d’ensemble alors pour la transmettre aux générations futures, nous devons nous éduquer avant toute chose.

Dans un deuxième temps, il faut aussi prendre en compte l’état du monde dans lequel ils sont nés. À notre époque (pas si lointaine que ça), la violence semblait encore être quelque chose d’exceptionnel et pour laquelle nous nous sentions révoltés. Celà est bien différent. Nos enfants sont élevés à la violence : Télévision, Internet, Jeux vidéos, Livres…la violence est partout et a été normalisée.

Vous connaissez l’histoire de la grenouille dans la marmite d’eau ?
Si l’eau chauffe rapidement la grenouille sent le choc thermique et saute hors de la marmite. Mais si l’eau chauffe lentement de façon à ce que la grenouille s’y habitue et ne s’en rende pas compte, eh bien elle meurt parce que le moment ou elle s’en rend compte il est déjà trop tard.

Prenons notre cas à nous : Aujourd’hui encore il y a tant d’injustice dans le monde ! Des génocides, des colonisations barbares, des oppressions a tout va, des hôpitaux bombardés, des enfants massacrés…. et j’en passe. Que faisons-nous pour éviter cela? Eh bien rien du tout. Au mieux nous allons partager quelques publications par ci par là sur les réseaux sociaux.

Et si Karbala arrivait de nos jours….

Que ferions-nous? Nous regarderions les informations a la télé ou sur Internet, et nous partagerions l’information.

Pourtant nous sommes de ceux qui disent « Ya Laytani Kounto Ma’akoum » – Si seulement j’étais avec vous à Karbala.

Sans vouloir offenser qui que ce soit puisque je me parle avant tout à moi même, qui sommes-nous en train de tromper au juste ? Nous même en réalité.

Avant de remuer la tête, en constatant que les jeunes fuient la mosquée, voyons d’abord quels sont les changements que nous pouvons apporter en nous même et les jeunes suivront notre exemple.

Si nous voulons réellement préparer l’avènement du Mahdi (ajf), il ne suffit plus de garder la tragédie de Karbala comme un évènement émotionnel. Il est temps d’en mesurer la dimension universelle et de l’appliquer dans nos vies pour nous réformer.

Nous condamnons l’oppression tout en étant oppresseurs !!!!

C’est là toute l’ironie de la chose !

PS: Mes réflexions sont le reflet de mes opinions personnelles et n’engagent que moi.

Crédits Image : Image par Free-Photos de Pixabay