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Réflexions sur Muharram N°3

septembre 4, 2019

Nous sommes en cage ! Une cage dorée que nous nous sommes construites au fil du temps.

Le jour de Ashoura, le 10 Muharram de l’an 61 de l’Hégire, lors d’un de ses derniers sermons, Al Hussain (as) demanda aux soldats de l’armée qui voulait le combattre d’être des hommes libres à défaut d’être dans son camp.

Cela me fait la question de savoir si moi-même je suis libre.

La plupart du temps, nous allons répondre avec un grand OUI parce que nous vivons en liberté, ou parce que nous ne sommes pas enfermés quelque part, confinés dans un espace limité.

C’est justement ce concept de limite qui m’intrigue.

Notre corps est libre jusqu’à un certain point puisque nous pouvons aller et venir d’un endroit à un autre de notre plein gré. Nous pouvons effectuer les gestes du quotidien sans être attachés…

La question est de savoir si notre intellect, ou si notre âme est libre. Mais de quoi au juste ?

La première cage dorée que je me suis créé est ma zone de confort. J’y suis tellement bien installée avec mes petites habitudes que je refuse d’en sortir pour explorer de nouvelles possibilités. Hors c’est exactement hors de cette zone de confort que se trouve la zone d’apprentissage et ensuite la zone ou l’impossible devient possible.

Cette zone de confort concerne non seulement ma routine de vie, mais aussi dans ma façon de penser, dans ma façon de juger le monde autour de moi et même dans ma façon de prier.

La seconde cage dorée où je me trouve est l’attachement à ce monde. L’attachement à certaines personnes, à l’argent et aussi à mes vices. Car oui j’y suis attachée finalement à ces petites choses qui font de moi quelqu’un d’un peu moins humain peut-être. Ces états d’esprits qui peuvent me pousser à blesser quelqu’un voire même à détruire quelqu’un. Il peut même arriver que j’en tire un plaisir malsain. N’est ce pas ? Le moment où je dévoile “La super Vérité” sur les défauts que je connais de telle ou telle personne. Ce moment où je ne pense qu’à moi sans penser à la souffrance de l’autre. Ce moment où je me crois supérieur. Que dis-je ? Ce moment où je me crois Dieu pour avoir le droit de juger et de punir.

A chacun de faire son constat et de décider s’il veut être libre de ces chaines ou pas.

La liberté de l’âme passera avant tout par l’écrasement de l’égo et cela représente le travail de toute une vie. Mais la première étape sera bel et bien la prise de conscience. Sans cela aucune réforme n’est possible.

Al-Hussain est le parfait exemple de l’homme libre. Sinon comment aurait-il pu pardonner à celui qui lui a bloqué la route et a littéralement créé la situation de Karbala en arrêtant la caravane à cet endroit. Comment aurait-il pu embrasser H. Hur avec un pardon le plus total au point de lui faire don du martyr ? Sommes-nous capables d’un tel pardon ? Si oui, alors vous êtes des personnes libres ! Mabrouk !

Hur (AS) lui aussi a été un homme libre comme son nom l’indique. Il a choisi de briser les chaines qui le retenait au confort et au succès matériel, et qui lui procurait même la protection de sa vie. il a préféré rejoindre les vrais hommes libres, ceux là même qui sont prêts à s’en remettre entièrement à Dieu.

Libérons-nous ! de nos vices, de nos mauvaises habitudes, du matérialisme, de la méchanceté, de la jalousie, de la rancune, du jugement. Faisons ce don d’amour à Al-Hussain parce que lui n’a fait que propager l’amour au point de vouloir sauver même l’âme de ceux qui avaient massacré ses enfants et ses compagnons.

Mes Salutations sur toi O Hussain (AS) !

PS : Mes réflexions ne sont que le reflet de mes opinions personnelles et n’engagent que moi.

Crédits Image : Image par Alexas_Fotos de Pixabay